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Didier de Neck, regard extérieur

Après des études de droit et de criminologie, puis un passage au Conservatoire de Bruxelles, Didier De Neck rejoint le Théâtre des Jeunes de la Ville de Bruxelles. En avril 1978, il cofonde le Théâtre de Galafronie. Il participe comme coauteur, comédien, metteur en scène à la plupart des spectacles de la compagnie. Il exerce également son métier d’acteur sur toutes les scènes de notre communauté (Théâtre National, Varia, Balsamine,…) et au cinéma.

Te souviens-tu de ta première rencontre avec Jean-Luc Piraux ?
C’était à l’occasion des cabarets du Théâtre de Galafronie, au début des années 80. Il y avait tout un petit monde qui gravitait autour de Jean- Luc, un sculpteur, des acteurs, des bidouilleurs, des tripoteurs, des improvisateurs ! Il n’avait pas fait d’école de théâtre, il mettait un premier pied sur scène mais se tâtait. Dès le départ, ses sketches en solo avaient un goût particulier pour les personnages comiques et pour le bricolage. Il présentait des objets de sa fabrication, des trucs étranges dont il faisait la démonstration et qui lui permettaient de développer un discours merveilleusement farfelu.

Dès ses premiers spectacles solos, tu assureras la mise en scène. Comment a évolué son travail ?
Si, au début, son écriture était complètement expérimentale et pétée, il s’est inlassablement forgé une méthode de travail. Il est devenu de plus en plus compétent dans l’écriture, dans la façon de croquer un personnage et de lui donner des contours. Le point commun de tout son parcours d’auteur, c’est qu’il part toujours du concret, des gens, de leur vécu. Son premier spectacle s’appelait d’ailleurs « Jean et les gens » – tout simplement. Le premier moteur de son écriture, c’est sa sensibilité. Il est très attentif à l’être humain. Cette aptitude vient de tous les milieux qu’il a connus. Il a été élevé dans la différence de l’autre. Et il a d’abord dû accepter la sienne. Aujourd’hui, par ses tournées dans tous les coins de la Belgique, par sa propre vie en milieu rural, il maintient ce lien très puissant avec les « vrais gens ».

Comment définirais-tu sa pratique artistique ?
Je le comparerais à un cartooniste ou à un mangaka, comme Hokusai : il croque très bien, mais ce n’est jamais de la caricature. Disons qu’au départ, il y avait beaucoup de traits et qu’aujourd’hui, il est de plus en plus efficace ! Son trait est souple, précis, sans souligner. C’est un artiste de proximité, avec qui le rire est intime. Je comparerais son humour à celui d’un Bourvil : il ne manipule ni la méchanceté, ni les thèmes à la mode. Il s’est forgé son propre chemin, à l’écart des modesmêmes du théâtre, par un travail singulier et unique. En scène, il veut rendre l’âme du personnage, et prendre le temps qu’il faut pour y arriver. Il parlera toujours de ce qui l’a touché directement. Ce n’est pas un travail confortable : il évoque des choses difficiles, pas du tout comiques au départ. Sa pensée est axée sur des valeurs très personnelles et humanistes, mais elle n’est pas du tout consensuelle.


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