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Marianne Hansé, regard extérieur

Comédienne, auteur, plasticienne et musicienne, Marianne Hansé a cofondé le Théâtre de Galafronie en 1978 avec Jean Debefve et Didier De Neck. Ce vaste terrain d’exploration lui permet d’exercer ses différents talents : comédienne, auteur ou co-auteur (« Minimânsno », « Nuits Blanches »), plasticienne (elle prête la main à des constructions scénographiques)… ou habile union de tout cela (« On pense à vous », où se mêlent écriture, musique, jeu et peinture).

Comment définirais-tu le travail de Jean-Luc Piraux ? Est-ce finalement du conte, de l’humour, de la poésie en marche ?
J’opterais d’abord pour la poésie en marche ! Je dirais même que c’est de l’humain en floraison… Son travail est toujours du côté des sentiments, des sensations, avec un côté naïf et frais. Avec Jean-Luc, c’est le printemps ! C’est comme une bulle qui remonte au-dessus d’un verre : elle te montre quelque chose, puis elle a déjà disparu. Elle pétille… De la même façon, Jean-Luc ne pratique pas une écriture psychologique qui remplirait tout. Ses mots s’arrêtent toujours avant une vérité ou une affirmation. Il est dans l’indicible. Il s’interrompt avant la phrase qui viendrait tuer le sens. Son thème principal, c’est la fragilité de l’être humain. Il évoque toujours des gens qui sont sur le point de naître… ou de « n’être ». Des gens en éclosion. Des gens dans un « peut-être».
Et on rit…

Oui, en chemin. Ce n’est pas le but premier. Le rire est ici une sorte de réflexion, d’élégance, de point d’interrogation. Son humour est relié à une forme de tragique. Rien à voir avec certains comiques qui font une peinture à gros traits, qui peuvent parler de tout avec habileté. Eux, ils font du comique, pas de l’humour. Jean-Luc se situera toujours davantage dans l’esquisse que dans la peinture à l’huile.

Tu suis Jean-Luc depuis longtemps…
Oui, et son travail de comédien a évolué de façon incroyable. Il y a chez lui une connexion cerveau, corps et coeur qui devient très fiable et communicante. C’est la pratique qui l’a conduit à cette maîtrise – il sait s’enrichir de chaque expérience, avec Charlie Degotte, avec la Compagnie de la Casquette, avec les artistes handicapés de « Complicités » et à travers son parcours en solo bien sûr. Jean-Luc a une pugnacité et une conviction profondes, qui l’amènent là où il est maintenant. Il est hors du circuit traditionnel des comédiens mais, pugnace, il creuse, il creuse… Et il fait sortir les légumes et la végétation. Chapeau ! Ce n’est pas un outsider, l’homme d’un coup sensationnel qui brillerait soudain. C’est un marathonien. Et je trouve que son parcours est très beau et très encourageant pour beaucoup d’artistes : son travail démontre qu’il y a une place pour la singularité, les chemins différents, les courants loin des modes. Jean-Luc est un ovni désarmant !


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